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Jeudi 30 juillet

Départ de notre train avancé d’une heure vingt pour cause de travaux. Nous prenons donc le 1er métro de 5h42 en priant qu’il n’y ait pas de souci car nous n’avons pas vraiment de marge. Nous sommes chargés comme des mulets avec le nouveau moteur électrique de l’annexe et 12 kg d’inversalu, l’antifouling du bateau, pour économiser les frais de port… A Strasbourg, Fabrice regarde le reste du trajet sur l’application de la Deutsch Bahn et découvre que l’arrêt à Frankfurt est supprimé en raison d’une opération de déminage d’une bombe de la deuxième guerre mondiale, nous décidons donc de prendre le train suivant à Karlsruhe et non à Frankfurt. En chemin, le train est annoncé avec plus de 30 min de retard à Hamburg pour cause de travaux „taupe“ ce qui nous ferait rater notre correspondance et attendre 2h le train suivant. Finalement le retard est moins important que prévu et nous réussissons à attraper notre train, un Regio bondé comme une rame de métro aux heures de pointe dans lequel nous avons le plus grand mal à loger nos encombrants bagages. Nous finissons notre périple par un bus qui nous pose devant la marina de Fehmarn et nous retrouvons Carriacou peu après 19h. Si les araignées nous avaient épargnés au déshivernage, là elles ont fait un festival... Nous fêtons le début des vacances pour une bonne bière et un petit encas dans le petit restau du port pour nous consoler de la traditionnelle currywurst à Frankfurt dont le retard de notre train nous a privés.

Vendredi 31 juillet

Finalisation de la préparation de Carriacou pour la navigation : nettoyage des toiles d’araignée, installation des panneaux solaires et de la capote, plein d’eau...  Avitaillement à la petite superette fort mal achalandée, même en saucisses... En parallèle, nous suivons les pérégrinations d’Esteban qui rejoint Mur de Barrez à Vélo avec son copain Martin et qui sont partis avec un équipement plus que léger à notre goût… Fabrice aide Esteban par téléphone à installer son tarp par grand vent en se servant des vélos comme point d’accroche car le premier essai  s’est envolé.

Samedi 1er août

Départ pour Gedser à 6h du matin pour une navigation d’une 30aine de miles. Le vent d’est soulève une petite houle qui fait trantouiller Carriacou et Joëlle est très vite malade, très malade. Dommage car la météo est splendide et Carriacou file bon train. Après la longue remontée vers le nord et le passage des champs d’éoliennes Fabrice décide de faire route vers Nysted pour abréger les souffrances de Joëlle et profiter d’une meilleure orientation du vent pour les derniers miles mais aussi pour le prochain trajet. Arrivée peu après 14h dans le joli petit port très typique avec ses bâtiments en portuaires en bois rouge et fenêtres blanches et ses petites ruelles aux maisons basses et colorées bordées de roses trémières. Après une petite sieste nous visitons la ville nichées dans un petit bras de mer abritant une réserve naturelle ornithologique. Esteban et Martin ont rejoint Macha qui fera le reste du trajet avec eux  et dorment donc dans une maison…

Dimanche 2 août

Le vent a tourné ouest est nous a gâché la fin de nuit en venant transformer Carriacou en tambour de machine à laver. Nous trainons dans les banquettes jusqu’à une heure avancée. Nous déplaçons Carriacou pour tenter d’être un peu mieux protégés mais si nous sommes moins bercés, le clapot continue à venir frapper la jupe arrière. Dans le milieu d’après-midi, un voilier vient s’ancrer au milieu du plan d’eau, se pavoise. Il est bientôt rejoint par des barques, des voiliers, des kayacs. Et à 17h, une barque de pêcheurs y amène à bord 2 musiciens et le concert débute ! Ce sera notre premier concert nautique.

Lundi 3 août

Départ à 6h pour Nykøbing par une belle matinée avec un léger vent d’ouest. Après avoir ressillonné le chenal de sortie, nous faisons un bord de vent arrière avant de rejoindre le chenal entre les îles de Lolland et de Falster. Sinueux, étroit et peu profond, si le paysage est joli, il ne faut pas relâcher son attention. A 2 miles du pont nous envoyons le signal convenu avec la corne de brume et hissons le pavillon « N ». A 10h50, le pont se soulève et nous permet d’accéder à la marina de Nykøbing, bien abritée et ma foi assez agréable bien qu’en bordure de gros silos. Les cyclistes ont repris la route mais Macha a du mal à suivre le rythme et les garçons vont devoir faire de plus petites étapes et finissent pas choisir des campings pour la nuit…

Mardi 4 août

Ballade dans Nykøbing, qui possède quelques jolies maisons et rues typiques, sous un soleil chaud et un vent frais. Une petite ville industrielle mais avec un certain charme. Les abords de la marina, à l'emplacement de l'ancien château médiéval, se sont couverts d'immeubles résidentiels modernes aux terrasses tournées vers les plans d'eau dont les appartements font envie. Après avoir passé en revue l'architecture, l'église et les rues commerçantes, nous nous posons dans un des rares bars proposant de la cuisine danoise et dégustons des smørrebrød accompagnés d'une bière fraîche. Enfin, nous nous livrons à notre traditionnelle inspection des supermarchés, Fakta, Netto et Lidl, afin de découvrir les habitudes locales tant alimentaires et quotidiennes. En fin de soirée Fabrice se lance dans la confection d’un cake à la cocotte-minute et Joëlle dans celle d’une potée à base de choux, pommes de terre, jambon et saucisses aux herbes : un concours culinaire en quelques sortes.

Mercredi 5 août

Journée farniente : lecture pour Joëlle et installation d’un multiplexeur pour Fabrice afin de récupérer la vitesse du vent sur l’ordinateur.

Jeudi 6 août

Départ à 6h30 pour Vordingborg par une belle et chaude journée. Nous continuons notre remontée du chenal  sinueux dans le bras de mer entre les 2 îles et nous faisons ouvrir le pont de Guldborg à 8h35. Rapidement nous nous retrouvons en eaux libres par vent arrière et Fabrice sort son cote D qui nous permet de filer bon train malgré le peu de vent. Une belle navigation au milieu de beaux paysages et d’une collection de spis. Nous profitons du cote D dans toute son amplitude et quand à l’approche du pont de Storstrømsbroen nous dépassons les 60° du vent Fabrice se résout à ranger sa magnifique voile et nous terminons au moteur dans un nouvel étroit chenal. Après avoir tenté un amarrage en bout de ponton où nous étions brassés, les ducs d’albe où nous sommes restés coincés pour cause de bateau trop large, nous nous amarrons finalement sur le quai entre 2 pontons… Si les douches ne payent pas de mines, elles ont à la fois du débit, une vraie amplitude de température et on exceptionnellement incluses dans la place de port. Le maître de port est serviable, drôle et de bons conseils.

Vendredi 7 août

Fabrice bricole son installation avec le multiplexeur pour diffuser les données de navigation sur ses divers instruments pendant que Joëlle gère la lessive. Malgré la chaleur nous visitons la ville dans l’après-midi : les ruines d’un important château médiéval en briques, une longue stroget au regard la taille modeste de la ville et une église elle aussi en brique abritant des peintures et un retable remarquable. Passage obligé par une nouvelle marque de supermarché, Wilkli, vaste et très bien achalandé, il nous fait regretter d’avoir déjà avitaillé. A 18h30 nous voici attablés au restaurant dépendant de la poissonnerie du port, et s’il ne paie pas de mine, il sert de copieux plats de poissons. Arrivée des cyclistes à Mur de Barrez accompagnés d’une caravane suiveuse à partir de Pierrefort…

Samedi 8 août

Fabrice achève de se battre avec l’électronique du bord et nous tentons de survivre à la température qui ne cesse de s’élever. 27°C, il y a tromperie sur la marchandise, on ne vient pas en Scandinavie pour finir grillés comme des sardines ! Nous nous terrons à l’ombre et sous un peu d’air marin pour survivre. Nous nous trainerons péniblement jusqu’au glacier et découvrirons un fabriquant de glaces à la demande, top ! La douche fraîche en fin de journée est un vrai délice…

Dimanche 9 août

Départ à 6h30 pour Stege sous un ciel voilé et un petit vent d’Est de face, ce sera donc moteur d’autant qu’il y a bon nombre de chenaux à emprunter et que certains sont étroits. Après un peu plus d’une heure de navigation nous rencontrons un marsouin puis un quart d’heure plus tard 2 autres : cela illumine cette navigation car en 6 ans sur la baltique se sont nos premiers ! Les marsouins appartiennent à ceux qui se lève tôt… nous arrivons de bonne heure dans la marina de Stege donc le bassin principal est juste en bordure de route, nous optons donc pour le secondaire à peine mieux situé. La paisible baie de Vordingborg va nous manquer. L’avitaillement est proche et  les douches sympas, c’est toujours ça. Après une sieste récupératrice, nous gonflons l’annexe et y installons le nouveau moteur électrique : quel plaisir de circuler en silence, de rentrer dans le lac intérieur et de surprendre la faune. Fabrice s’amuse bien avec son nouveau jouet qui en plus ne nécessite pas d’entretien !

Lundi 10 août

Visite de la ville de Stege, qui possède quelques vieilles maisons en colombage mais surtout beaucoup de bâtisses en briques de 18ème et 19ème siècles. Par contre, une bonne partie de ses enceintes primitives en remblais son encore présentes ainsi qu’une porte d’entrée : elles avaient vocation à protéger la richesse de la ville, le hareng. L’église est caractéristique de la région, en briques avec des fresques naïves datant du moyen-âge. Nous faisons une halte à la boulangerie de la ville pour changer un peu du pain de supermarchés. Puis nous traversons le pont pour aller dans un magasin de bricolage et au Rema 1000.

Mardi 11 août

Départ en bus pour les falaises de Møns Klint à 9h. Arrivés sur place, le temps est plus venteux et plus couvert qu’annoncé. Nous nous enfonçons dans la forêt et allons de plateformes en plateformes pour observer les falaises, puis nous descendons le dernier escalier et ses 500 marches pour aller à leur pied. Comme nous sommes en hautes eaux, la plage de galet est très réduite et par endroit il faut courir entre 2 vagues pour passer à sec. Nous essayons de trouver des fossiles dans les galets et la falaise crayeuse mais sans succès alors nous nous consolons avec quelques silex. Finalement, nous devons nous déchausser pour franchir la dernière dizaine de mètres avant l’escalier principal. 660 marches à remonter… Au retour, nous descendons du bus à Elmelunde pour visiter l’église, la seule en partie en pierres, et dont les fresques murales attribuées à l'atelier dit d'Elmelunde sont de toutes beauté. Nous réitérons à Keldby avec là encore des fresques splendides. Puis nous faisons la suite du retour à pieds mais la route étant très fréquentée et les paysages, hormis quelques tumulus, sans grand intérêt nous finissons par reprendre le bus. Nous clôturons cette journée active par une visite d’Aldi et Super Brugsen dont nous dévalisons le rayon poissonnerie.

Mercredi 12 août

Nous nous rendons de l’autre côté de la ville pour louer des vélos afin de faire un circuit de 34 km permettant de voir quelques-unes des nombreuses tombes néolithiques de Møn. La chaleur et le vent augurent d’un voyage un peu éprouvant mais le temps est splendide. Après 13 km nous arrivons à Fanefjord, près de l’extrémité ouest de l’île, où se trouve une des 3 plus belles églises de Møn, avec des fresques. La nef, divisée en deux par une rangée de colonnes centrales portant des voûtes gothiques, est datée de la fin du XIIIe siècle. Les peintures de la nef datent des environs de 1500 et sont considérées comme les plus remarquables de l'atelier d'Elmelunde. La diversité des sujets, l'interprétation originale et la subtilité des couleurs sont remarquables. Juste à côté se trouve Grønjægers Høj, un impressionnant tumulus rectangulaire mesurant 102 mètres de long, 13 mètres de large et 2 mètres de haut, entouré de 134 grosses pierres. Datant 3500 avant JC, la tombe, au centre, est recouverte de terre et contient trois chambres funéraires, dont deux sont ouvertes. Nous roulons ensuite jusqu’à, Klekkendehoj, un imposant tumulus mégalithique datant de 3200 ans avant JC, contenant deux chambres funéraires séparées, ayant chacune sa propre entrée et reposant sur 2 terrasses horizontales en forme d’escalier ce qui est fait un site relativement rare. Quelques kilomètres plus loin, nous visitons le tumulus éventré de Sprove stordysse qui jouxte le tumulus de Kong Asgers Hoj, dont le couloir mesure 7,5 mètres de long et la vaste chambre funéraire, constituée de 19 pierres support et de 7 énormes dalles de voute, 10 mètres sur 2. Puis nous rentrons à Stege sous un soleil de plomb et un important vent de face qui rendent le trajet pénible d’autant que la route est très fréquentée et sans piste cyclable… Une fois les vélos restitués, nous nous offrons un cidre glacé et des gâteaux orange-marzipan bien mérités.

Jeudi 13 août

Nous restons finalement un jour de plus à Stege pour attendre une fenêtre de vent plus favorable. Fabrice en profite pour bricoler dans le bateau, faire un peu de rangement et même se séparer, la mort dans l’âme, quelques éléments gardés en triple ou au cas où depuis des lustres… Il se lance même dans un nettoyage intégral du four pendant que Joëlle s’occupe de la gazinière.

Vendredi 14 août

Départ à 6h pour Rødvig. La navigation commence au moteur par de longs zigzags dans des chenaux parfois étroits et souvent sans beaucoup d’eau, 1 mètre 80 parfois. Une fois hors du passage entre les îles de Møn et Sjælland, nous hissons les voiles avec un vent d’Est et une mer par le travers. Il nous faudra près de 6 heures au total pour atteindre le port de Rødvig, un port de pêche toujours en activité avec son ambiance typique, un vrai chantier, une poissonnerie et de nombreux cafés ou restaurants donnant sur les bassins. Nous prenons une place sur un quai dans le bassin des pêcheurs et profitons d’une agréable après-midi de glandouille.

Samedi 15 août

Journée balade sur les falaises de Stevns. Nous longeons la plage où un long ponton permet d’accéder à la mer en évitant le tapis d’algues habituel. Puis nous marchons le long du bord de la falaise qui s’élève doucement et d’où l’on jouit de panoramas exceptionnels sur la falaise elle-même et sur la mer. Nous arrivons dans l’ancienne carrière de chaux de Boesdal transformée ce jour-là en piste de rallye, nous essayons vainement de la contournée avant de nous résoudre à traverser les pistes avec l’aide des organisateurs puisque le chemin de randonnée passe par là. Nous poursuivons ensuite notre chemin sous un soleil de plomb et nos chapeaux trempés au départ ne sont bientôt qu’un vieux souvenir. Nous croisons des vaches de type écossaises avec leur pelage doré et long ainsi que des cornes majestueuses. Enfin nous arrivons au musée de la guerre froide, un ancien site de lancement de missiles NIKE puis HAWK pour l’OTAN qui n’a été abandonné qu’en 2000. Stevnsfort, constitué de galeries à 18 mètres sous terre, permet l’écoute et le contrôle de l’ensemble des mouvements maritimes et aériens sur une vaste zone ainsi que l’interception d’éléments hostile si besoin. Une visite passionnante et exceptionnelle car il est rare de pouvoir visiter des structures aussi récentes. Nous poursuivons le chemin jusqu’à Højerup dont la vieille église à vue son cœur tomber dans la mer en 1928 mais conserve quelques fresques anciennes. Nous descendons jusqu’à la mer par un escalier quasi vertical pour tenter de trouver des fossiles mais sans grand succès hormis Fabrice qui a réussi à dégoter deux petites éléments qui pourraient bien être une graine et un morceau de corail fossile. En fait, il aurait fallu poursuivre notre chemin jusqu’à la carrière de Holtug qui est réputée pour ses oursins et ses dents de requins fossiles et faire encore au moins 10 kilomètres à pieds à la rage du soleil, sans compter le retour… Nous rentrons à  Rødvig par le dernier bus et nous nous régalons d’un plat de poisson frais à la poissonnerie du port.

Dimanche 16 août

Journée tranquille au port, avec comme toujours son lot d’entretien du bateau, de lessive et de bricolage.

Lundi 17 août

Départ à 6h pour Køge. Toujours vent d’Est et houle par le travers, nous remontons en longeant les falaises de Stevns qui, à la lumière du petit jour, sont splendides. Le soleil est toujours torride et bien qu’arrivant à 11h à Køge nous avons largement de temps de carboniser. La prise de ducs d’Albe par vent de travers se passe sans soucis et après avoir rincé Carriacou, nous faisons une agréable petite sieste grâce au courant d’air obtenu par l’ouverture de tous les hublots. Une petite balade dans la marina et au bord de la plage et nous récupérons pour la suite du voyage Julia et Robin en provenance de Seycelle qui ont enchaîné 8 trains différents pour parvenir jusqu’ici. Après une balade vers la plage et un repas froid, nos deux nouveaux mousses vont tester le nouveau moteur électrique de l’annexe. Tout le monde ira se coucher de bonne heure, nous après un lever avant 5h et les jeunes après un train de nuit sans possibilité de dormir.

Mardi 18 août

Journée balade dans Køge. Nous gagnons le centre-ville à pieds et nous faisons consciencieusement le tour des vieilles rues à la recherche des anciennes maisons colorés à colombages qui parsèment la ville. Køge possède d’ailleurs la plus vieille maison à colombages du Danemark. Nous visitons également l’église. Nous nous restaurons ensuite dans un sympathique petit café avant d’aller faire la route de bronze. Ce devait être parcours un peu à l’extérieur de la ville pour voir des tombes de l’âge du bronze. En fait, il n’y a que des panneaux explicatifs décrivant les trouvailles faîtes à chaque endroit mais plus aucune trace des dites sépultures : bref aucun intérêt. Nous nous consolons de notre déception en nous régalons de glaces maisons à se damner : rhubarbe, lakrids, sureau… De retour à la marina, nous assistons au départ d’un petit bateau à moteur sur lequel a été installé un moteur hors-bord pour le remplacer, moteur qui avant même la sortie du port tombera à l’eau ! Dans la soirée, nous aurons la chance d’observer un vison, espèce menacée, dans l’empierrement rocheux des pontons.

Mercredi 19 août

Lors de notre départ à 6h pour Dragør, le vison nous fait le plaisir de se montrer à nouveau. La mer est très calme, le ciel voilé avec quelques gouttes intermittentes et un petit vent de sud-est nous permet de faire gentiment route avec le cote D. Le vent étant très faible et souvent proche des 140° nous essaierons à plusieurs reprises d’y adjoindre la GV sans grand effets. Nous mettrons donc 7 heures à rejoindre Dragør, ce qui permettra à Fabrice d’expliquer un certain nombre de principes à Julia et Robin. Pour autant nous n’aurons pas la chance d’apercevoir d’animaux marins à la grande déception de l’équipage. Nous trouvons miraculeusement une place en bout de ponton de la marina, impossible de trouver une place dans le port principal sauf à se mettre au niveau des restaurants ce qui n’est pas forcément compatible avec des nuits paisibles. Après une pause méritée, nous allons nous promener dans l’enceinte du fort datant de la 1ère guerre mondiale attenant à la marina puis allons voir la Goose Republic.

Jeudi 20 août

Les jeunes partent de bon matin faire un footing pendant que les anciens traînent au lit puis nous déjeunons tous ensemble. Nous visitons ensuite Dragør, un charmant bourg dont bon nombre de maisons à colombage ont conservés leur toit en chaume et leur petite cours intérieure ce qui lui confère un charme tout particulier et assez exceptionnel à quelques kilomètres à peine de Copenhagen. L’église assez banale de l’exterieur, possède un plafon charpenté de toute beauté. Nous marchons ensuite 3 km jusqu’au musée d’Amager : de vieilles fermes avec leur boiseries peintes et leur mobilier d’époque retraçant la venue de hollandais pour cultiver la terre et approvisionner Dragør. Au retour nous nous arrêtons au Fotex, une enseigne de supermarché pas encore étudiée cette année. Nous déjeunons ensuite tardivement sur le port puis nous visitons le petit musée de la ville. Nous terminons par une délicieuse glace maison pour nous consoler d’avoir trouvé porte close au musée des pilotes qui rappelle que la profession est née là. Nous avons la chance d’observer une belette sur le terreplein jouxtant notre bateau. En fin de soirée sous une pluie battante et un fort vent, nous assistons à l’arrivée d’un camion grue juste à côté de nous et qui va réussir à mettre à l’eau le gros bateau à moteur qu’il transporte entre notre arrière et la grue de matage : un chef d’œuvre de maitrise au millimètre.

Vendredi 21 août

Nous partons pour Kobenhaven à 6h, le soleil à peine levé et avec un vent favorable orienté sud. Sous génois et grand-voile nous avançons bien malgré le petit temps même si le soleil disparaît rapidement sous une épaisse couche de nuages. A l’approche de Kobenhaven nous assistons à l’amerrissage d’un hydravion. Nous rentrons dans le canal et trouvons, grâce à notre arrivée matinale, une place dans le canal de Nyhavn alors même que celui-ci est amputé des deux tiers de sa longueur par les travaux sur son pont. Après avoir installé notre Kuchenbude en prévision de la météo à venir nous allons nous balader à pieds dans les rues de la ville qui est toujours aussi belle avec ses maisons colorées, ses bâtiments anciens et ses immeubles modernes. Joëlle achète une nouvelle paires de Glerups exactement au même endroit que 5 ans au paravent. Puis nous allons nous restaurer au Kanal Café le long du canal et près du parlement ce qui nous rappelle là aussi de bons souvenirs. De retour au bateau la pluie s’intensifie et il faut attendre une accalmie pour pouvoir aller faire le tour du canal en annexe. La soirée et la nuit seront gâchées par des fils à papa ayant décidé de faire une méga fête à bord du bateau de papa à l’aide de 2 puissantes enceintes. Le maître de port aura beau intervenir à 2 reprises rien n’y fera et la police ne daignera pas se déplacer…

Samedi 22 août

Départ à 7h pour la marina de Skovshoved, destination finale pour cette année, car la météo s’annonce déplorable pour les jours à venir. Si des fenêtres météo s’ouvrent finalement, nous naviguerons à partir de là mais nous ne voulons pas être coincé dans une marina sans possibilité d’hivernage. La météo n’est vraiment pas sympa avec nos jeunes…  La remontée jusqu’à Skovshoved se fait facilement avec la grand-voile et le génois et la navigation est agréable. Arrivés à destination, le vent a déjà forci et les places sont chères malgré notre arrivée matinale. Seules les places avec prise de bouées sont disponibles et nous contraignent à venir nous retrouver de fait à couple d’un énorme Hanse 588. Pour que la place soit plus agréables nous profitons d’une accalmie pour tourner Carriacou aux amarres afin d’avoir moins de clapot sur la jupe arrière. Les jeunes vont se baigner dans la zone de baignage aménagée à l’extérieur de la marina. En fin d’après-midi, un gros voiler viendra toucher une des bouées avec son hélice et se retrouvera plaqué contre les ducs d’albe voisin. Avec l’aide des voiliers voisins, il réussira à venir se mettre à côté de nous au propulseur d’étrave et surtout avec les amarres : un ira en annexe l’attacher à la bouée et Robin lui tiendra son étrave dans l’axe depuis Carriacou. Julia et Robin se lancent ensuite dans la fabrication de 2 délicieux gâteaux aux pommes qui agrémenteront nos prochains repas.

Dimanche 23 août

Encore une journée de fort vent et de pluie intermittente. Nous installons 3 des 4 panneaux de la kuchenbude pour pouvoir garder au sec les bancs de cockpit et profiter des nombreuses éclaircies. Les jeunes font une balade en annexe à la rame pour occuper leur après-midi. Nous allons dîner dans un food truck indien adossé à un bar où nous installons sur la terrasse surplombant la marina dans de confortables banquettes.

Lundi 24 août

Fabrice part de bon matin faire deux fois 6,5 km de marche pour récupérer le livre des ports et mouillages du sud de la Suède. La maître de port vient nous demander de déplacer Carriacou pour laisser la place à un vieux gréement qui n’a pas de moteur. Nous allons prendre une place tout à l’intérieur de la marina, proche du travelift, où nous serons bien mieux abrités aux vues de la météo à venir. Les jeunes partent ensuite se promener à København. La journée sera assez agréable et surtout sans pluie contrairement aux prévisions météo.

Mardi 25 août

Nous profitons de la dernière fenêtre météorologique avant une fin de semaine annoncée exécrable pour faire une dernière journée de voile. La journée est agréable car le ciel nuageux laisse place à de nombreuses éclaircies. Robin s’entraine tout d’abord aux manœuvres de port avant de partir pour une navigation côtière parsemées d’exercices de mise à la cape, de virements de bord, d’empannages pour prendre en main Carriacou. Robin et Julia se succèdent à la barre et nous nous laissons tranquillement promener par le nouvel équipage. Julia assure la rentrée à la marina et la prise des ducs d’albes. Puis c’est le douloureux travail de dégréage du bateau qui commence pour nous assurer du pliage et du rangement des voiles tant qu’elles sont sèches. Julia et Joëlle partent cueillir les mûres repérées lors des courses de la veille pour agrémenter nos yaourts. Le soir venu, Carriacou est entièrement dégréé.

Mercredi 26 août

Après une nuit où le vent s’est déchaîné, la journée est finalement agréable avec une alternance de soleil et nuages contrairement aux indications erronées de la météo qui nous privent d’une journée de navigation… Nous louons une voiture électrique pour entamer deux jours de visites à terre et commençons par la visite de la ville d’Helsingør. Le musée maritime est splendide, moderne et parfaitement intégré dans un ancien bassin de carénage. Le château Renaissance de Kronborg qui gardait l’entrée du détroit d’Øresund avec ses doubles douves est splendide. Les vieilles rues piétonnes et animées abritent quelques belles maisons anciennes. Nous nous restaurons ensuite dans une ancienne halle industrielle où une vingtaine de street food sont installés avec au milieu des tables hétéroclites où l’on se retrouve après avoir chacun choisi son menu : indien, burger, italien, poisson, sirien, danois… Après une journée culturelle nous nous arrêtons en rentrant dans un supermarché pour profiter des facilités de la voiture. Le jeunes finirons la journée par une séance de jogging et Julia réalisera un délicieux gâteau au citron qui ne survivra pas au repas du soir.

Jeudi 27 août

Après une nuit très pluvieuse, nous partons visiter le château de Frederiksborg à Hillerød qui abrite le musée d’histoire nationale du Danemark. Ce superbe château entouré de douves abrite un nombre considérable de meubles, de tapisseries et de tableaux disposés dans ses nombreuses pièces. La chapelle est particulièrement impressionnante toute comme la chambre des audiences ou le grand hall. Les jardins sont agréables malgré un temps très couvert. De retour au bateau les jeunes se lancent avec peu d’enthousiasme dans le rangement de leurs affaires et le bouclage de leurs bagages. A 22h, Robin décide de s’offrir un dernier bain de mer nocturne et nous assisterons grâce à lui au spectacle toujours fascinant du plancton bioluminescent.

Vendredi  28 août

Après avoir conduit les jeunes à la gare, nous attendons notre tour pour sortir de l’eau. Une manouvre de port, un hivernage du moteur et nous voici sur le travelift. Le chantier réalise un parfait nettoyage et la carène de Carriacou est presque comme neuve. S’en suit une longue discussion pour expliquer au chantier comme posé Carriacou et surtout où sont les points de force sur lesquels il doit reposer. Une fois à terre, commence les traditionnels travaux de déshivernage par un temps maussade et pluvieux qui s’accorde bien à notre humeur mais assez peu aux travaux à réaliser.

Samedi 29 août

La journée est plus ensoleillée et nous nous lançons dans la pose d’une nouvelle couche d’antifouling au zinc. Nous finissons ensuite tranquillement la suite du déshivernage et avons même du temps pour aller voir des vieux gréements qui vont participer à la dernière manche d’une régate.

Dimanche 30 août

Lessive de la literie, bâchage du bateau, rangement et bouclage des bagages avant le départ pour un hôtel proche de l’aéroport pour s’éviter de se lever aux aurores lundi et de boucler le bateau dans le stress. Fabrice a, comme tous les ans, du mal à laisser Carriacou…

Lundi 31 août

Vol Easyjet à 9h25. Nous aurions dû partir avec Norvegian samedi mais début juillet le vol a été repoussé au dimanche puis au lundi, qui au départ n’était pas compris dans nos congés. Nous avons donc demandé un remboursement et pris un vol Easyjet le dimanche qui finalement a été lui aussi repoussé au lundi… Le coronavirus aura pas mal perturbé ces vacances nous privant des équipiers prévus pour le début de voyage mais qui eux aussi ont vu leur vol annulé. Mais au final, bien contents d’avoir pu rejoindre Carriacou et d’avoir pu naviguer car cela s’est joué de peu.


Date de création : 09/09/2020 19:26
Catégorie : Récits de voyages -
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