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Samedi 30 juillet

Vols Paris-Helsinki puis Helsinki-Stockholm. Un bus, un métro, 2 bus et un peu de marche à pied et nous voici à Ingarö varv, où nous attend Carriacou.

Dimanche 31 juillet

Repos puis avitaillement et rangement du bateau. Lors de l’essai moteur, une odeur d’électronique grillée se dégage : on stoppe tout. Une diode est accusée, remplacée puis finalement disculpée. Le moteur fonctionne mais impossible de déterminer le problème…

Lundi 1er août

Ballade à Stockholm pour Fabrice et Esteban qui voulait voir le musée de l’armée. Ils en profitent pour déguster de succulents hamburgers chez Max, institution en Suède. Joëlle discute électronique de moteur en anglais avec  un gars du chantier.

Mardi 2 août

Départ pour Dyvik ou Furusund à voir… Le soleil joue à cache-cache avec des armadas de nuages blancs, dès qu’il est là il fait chaud et dès qu’il disparait le vent frais nous transperce. La matinée débute avec le franchissement d’un petit pont ouvrant qui débouche sur un minuscule canal dont on a l’impression de pouvoir toucher les berges en se penchant en peu… Ensuite balade entre les iles, dans une succession de lacs intérieurs où des dizaines de voiles blanches se croisent. Le contraste du gris des rochers, du vert des sapins, du bleu de la mer et du rouge et du blanc des maisons est toujours aussi merveilleux. On ne se lasse pas de découvrir les formes des iles, de dénicher des maisons… Fabrice et Esteban verront même un phoque. Fabrice est heureux car le vent favorable nous permet de faire la plus grande partie de la navigation à la voile : le vent dans les voiles, la mer contre le bateau pour tout bruit. Finalement nous poursuivons jusqu’à Furusund mais en arrivant vers 17h il ne reste que des places mal abritées du clapot, la nuit sera bruyante.

Mercredi 3 août

Départ pour Gräddö. Petite navigation au portant toujours au milieu des îles et sous un beau soleil. Esteban perfectionne son réglage de voile, on prend notre temps et on profite du vent de Sud-Ouest. Des armadas de voiliers aux voiles toutes plus belles les unes que les autres croisent en tous sens, nous sentons Fabrice un peu jaloux. Arrivés à Gräddö, nous choisissons une place sans clapot mais sans électricité et loin du sauna. Malgré notre arrivée en tout début d’après-midi, la marina est déjà bien pleine, le mauvais temps annoncé pour le lendemain y est sans doute pour quelque chose. La marina dispose d’essence, d’un chantier et même d’un shipchandler où Fabrice fera l’acquisition d’une bombe de peinture pour moteur Volvo. Parfaitement acclimatés aux coutumes locales, nous allumons notre lotus grill pour faire rôtir nos saucisses. Esteban, comme tout U-bot qui se respecte, survit grâce au wifi…

Jeudi 4 août

Grasse matinée et glandouillage à Gräddö. Tour supplémentaire au ship, visite du supermarché, balade sur les rochers, lecture pour les uns et réseaux sociaux pour Esteban : la Suède est un pays merveilleux, il y a le wifi partout.

Vendredi 5 août

Départ de bonne heure pour Mariehamn. Le soleil du départ est bientôt voilé alors que nous sinuons entre les iles pour retrouver la mer libre. Les paysages sont toujours aussi beaux et nous sommes presque seuls sur l’eau. Ensuite nous profitons d’un long bord avec un vent de sud sud-ouest bien établi par le travers arrière et Carriacou file droit vers les îles d’Ǻland dans une petite houle qui nous fait un peu rouler. Les ferrys et les voiliers qui descendent vers la Suède nous longent par une route plus au sud. Bientôt nous arrivons près des côtes et virons pour remonter vers Mariehamn. Il n’est pas encore l’heure du goûter quand nous nous amarrons au milieu de bateaux suisse, allemands, suédois et finlandais. Le temps de mettre en ordre Carriacou et de se reposer un peu et l’équipage file vers les douches et le bastu qui fait un bien fou après le vent un peu frais de la traversée.

Samedi 6 août

Visite du Pommern, un cargo à voile de la fin du XIXème : 4 mâts et coque d’acier. Puis balade dans Mariehamn où nous tombons sur le marché de la Croix-Rouge : chaque île de l’archipel y tient un stand avec les spécialités culinaires de leur île et de l’artisanat et les habitants sont en costumes traditionnels, même les poussettes et les landaus sont d’époque ! Le centre-ville, assez charmant, tient dans un pâté de maisons. Le port Est est sans charme, hormis un ovni 445… A midi, nous faisons une pause dans une charmante maison de ville convertie en salon de thé et dégustons des smörgås et des pannkakor, la  spécialité de Ǻland. Le vieux port est lui bien plus sympa avec un bel ensemble de bâtisses rouge et noire qui furent autre fois des petits chantiers navals et qui abritent maintenant un mini-musée et des boutiques. L’anse a  conservé ses hangars à bateaux et une minuscule chapelle toute blanche en bout de jetée. Cela donne un magnifique aperçu de l’architecture locale.

Dimanche 7 août

Départ à 8h00 pour Karlby, sur l’île de Kökar. Nous commençons par descendre le long de l’île principale dans un dédale d’îlots, qui nous protège de la houle mais rend le vent changeant, avec à la barre Esteban. Le temps est splendide, les couleurs chaudes avec le soleil encore bas. Puis c’est la haute mer, avec une houle par le travers et un vent bien établi à 15 nœuds et Carriacou file bon train, le Capitaine apprécie d’être à la voile et peaufine ses réglages. A l’approche de Kökar, des îlots font leur apparition, et sur l’un d’eux Esteban aperçoit une colonie de phoques. Bientôt certains s’approchent du bateau et le plus téméraire viendra même nous observer un moment sur notre arrière : un moment de grâce. Les îlots se font plus nombreux, se resserrent, nous enserrent : Carriacou louvoie entre les cailloux. Les paysages sont splendides, sauvages, nous ne savons plus où regarder. Pourtant la vigilance s’impose, le chenal navigable est étroit et il faut respecter scrupuleusement les alignements. Bientôt le fond  se fait rare et la cartographie est larguée. Nous rejoignons le port grâce au GPS portable. Karlby est un adorable petit port où existe encore un bel ensemble de hangars à bateaux sur pilotis tout de rouge et de noir. Une vraie carte postale. Après un barbecue saucisse-potatissallad au soleil, l’équipage s’offre un bastu bienvenu après cette longue navigation.

Lundi 8 août

Cette belle journée est consacrée à la balade. Nous remontons par la route jusqu’à la chapelle de Hamnö survivance d’un cloitre franciscain du XVème siècle construit sur un promontoire à l’extrémité sud de l’île. Il y a également un très joli phare en bois. Ensuite nous longeons la côte en direction de Sandvik, petit port où Fabrice jette un œil aux bateaux présents et où nous sauvons Esteban d’une hypoglycémie grâce à une bonne assiette de cuisine locale. Puis nous partons vers les ruines des défenses russes et finlandaises des 2 premières guerres mondiales sur la façade ouest via un sentier à peine tracé du travers des rochers et des bruyères. Le paysage est splendide et la vue sur la côte de toute beauté. Ensuite nous bifurquons à l’est pour retrouver les vestiges d’un campement de chasseurs de phoques datant mois 1000 avant JC. En route, Joëlle se tord la cheville dans un amas de mousse dissimulant un trou. Le reste du chemin, soit 4 km environ, sera très long… Dommage la boucle d’une 15aine de kilomètres est vraiment sympa et donne un bel aperçu des paysages de l’île : côte, rochers, landes de bruyères, petites forêts tapissées de myrtilles et de groseilles. Dans la soirée, le temps tourne à la pluie et le vent déjà tonique de la journée monte doucement en puissance. Dans la nuit, nous aurons plus de 30 nœuds dans le port pourtant bien abrité dans les terres.

Mardi 9 août

Le soleil est toujours présent malgré le vent qui souffle et qui hurle dans les haubans. Ce sera journée bricolage et Fabrice entreprend de démonter le désalinisateur installé sous l’évier pour combattre la rouille qui le menace. Vu le poids de l’engin, le sortir du placard sur sa planche et l’y remettre relèvent des travaux d’Hercule d’autant que les différents tuyaux d’entrée, de sortie d’eau, et les câbles électriques n’y mettent aucune bonne volonté. Esteban s’essaie au solowheal et aux fléchettes.

Mercredi 10 août

Grasse matinée puis départ à vélo pour le musée de l’île. Charmante installation qui permet de remonter le temps par le biais de photos et d’objets du passé offrant au visiteur un aperçu du quotidien des habitants au temps de la chasse, de la pêche et de l’agriculture ainsi que de leur habitat. Ensuite, visite du port du nord-est, descente dans le sud de l’île, puis retour au bateau. Seul Fabrice repartira pour explorer la partie sud-ouest non encore visité. Contrairement à beaucoup d’île, il y a peu de maisons abandonnées et surtout pas mal de maisons neuves, voire de projets de petits lotissements : ce sont les finlandais retraités qui viennent de plus en plus profiter de la sérénité de l’île.

Jeudi 11 août

Dernier jour de grand vent, du moins nous l’espérons. Ce matin, il a même eu une période d’accalmie et tous les autres bateaux ont déserté le port, nous sommes seuls à présent. Mais le temps est gris et n’incite pas à sortir de la couette. Ce sera corvée de lessive et fléchettes le matin. Dégustation de hamburgers maison et de pannkakor en début d’après-midi puis cerf-volant, le vent étant clairement de retour. Enfin, dernier barbecue sur Kökar : saucisses avec pâtes chinoises chaudes pour faire bonne mesure car il manque clairement quelques degrés à l’appel.

Vendredi 12 août

Départ pour Korpo.  Nous commençons par suivre notre trace au centimètre près pour redescendre le chenal jusqu’à retrouver des fonds acceptables. Le soleil brille et finalement nous avons plus de vent que prévu, cela sera une jolie navigation sous voile. Nous contournons la moitié de l’île pour retrouver le chenal principal en zigzagant au milieu des îlots. Nous sommes ensuite plein vent arrière, voile en ciseau et génois tangonné pour filer sur Korpo. Pourtant nous n’aurons jamais l’impression d’être en pleine mer, les ilots de l’archipel de Turku succédant à ceux de l’archipel de Korpo : un régal pour les yeux. Le vent forcit au fur et à mesure de la navigation et nous finirons avec 20 nœuds de vent. Une prise de bouée et nous voici amarrés à Korpo après 8 heures de navigation.

Samedi 13 août

Départ pour Nagu après avoir trainé dans nos couettes pour cause de grisaille, de rafales de vent et de petites averses. Navigation sous un ciel gris mais avec pas mal de vent. Une 15aine de miles entre les iles et les ilots de l’archipel avec toujours la magie des rochers sculptés par le temps et des maisons en bois rouges. Nagu est une vraie grosse marina mais non sans charme située dans une petite ville qui permet d’avoir toutes les commodités. Revers de la médaille, le nombre de bateaux et donc le monde sur les pontons et dans le sauna. Finalement, le soleil fini par percer et nous dégustons nos pâtes au saumon fumé tout juste acheté dans un kiosque spécialisé, dans notre cockpit.

Dimanche 14 août

Encore une matinée pluvieuse où nous trainassons. Puis à la faveur d’une éclaircie nous allons nous balader dans Nagu et visiter son église du XVème siècle à l’architecture de pierres et de briques et son clocher déporté en bois. Tout juste le temps de réaliser un petit avitaillement et de rentrer au bateau que la pluie fait son retour. En fin d’après-midi, le soleil gagne la partie et Fabrice entreprend de démonter la commande du pilote dont l’alarme de sonde ne cesse de se déclencher. Après un bon barbecue, Fabrice sort vainqueur et nous devrions avoir un pilote opérationnel et silencieux demain.

Lundi 15 août

En France c’est un jour férié, en Finlande c’est la reprise de l’école d’où le fait que nous étions quasiment seuls à la marina hier, tout le monde l’ayant déserté dans la matinée. La météo est maussade et nous annonce de la pluie toute la journée. Finalement, ce sera une assez belle navigation avec beaucoup de grisaille au départ et de plus en plus d’éclaircies et de soleil tout juste entrecoupées de rares averses. Le vent souvent autour des 20 nœuds permettra à Esteban de faire surfer Carriacou jusqu’à 7 nœuds pour son plus grand plaisir. Encore une jolie balade dans l’archipel avant la remontée de l’embouchure de l’Aurajoki, fleuve baignant Turku, face au vent et donc au moteur. Petite balade de l’équipage  le long des berges où se succèdent les bateaux en tous genres vieux gréements en bois, bateaux de croisière reconvertis ou non en restaurant, voiliers, bateaux de transport…  pour s’imprégner de l’atmosphère maritime de la ville. La semaine s’annonçant pluvieuse, Fabrice préfère dégréer le génois au sec et au propre sur le ponton de la marina.

Mardi 16 août

Journée culturelle avec pour commencer la visite du château bâti 1280 à l’embouchure de l’Aurajoki pour protéger le site. Le château est immense, la partie moyennageuse ayant était plus que quadruplée à la renaissance. La visite donne un bon aperçu de l’évolution du château, de son agencement mais bombardé durant la seconde guerre mondiale, il ne reste pas grand-chose d’origine que les murs et quelques fresques, les planchers, les boiseries et le mobilier n’ayant pas survécu. Après plus de 2 heures de visite à monter et descendre des marches en tous sens, nous sommes fourbus et les garçons décident qu’il est impératif de reprendre des forces dans l’institution nationale, le Hesburger, qui finalement s’avèrera décevant, surtout comparé à Max. Ensuite nous partons visiter la Cathédrale, qui bien conservée n’a malheureusement plus ses fresques d’origines suite à la Luthérianisation du pays. Puis nous visitons le splendide musée archéologique, né des travaux pour créer un musée d’art moderne qui ont révélé une rue puis un ensemble de maisons datant du moyen âge. Enfin nous traversons un petit parc sur un promontoire rocheux pour atteindre le seul quartier de Turku non ravagé par l’incendie de 1827 et qui permet de voir la ville comme elle était à l’époque avec ses rues étroites, ses maisons en bois colorées, sans étage, et formant par 4 ou 5 une petite enceinte avec une cours et des jardins avec un accès unique à la rue. Dure journée pour les pieds et le dos.

Mercredi 17 août

Nous démarrons la journée par le musée maritime qui s’avère être très riche car outre 2 bâtiments retraçant l’histoire maritime tant civile que militaire, la vie des chantiers, et le rôle de Turku, 5 navires sont à visiter : une canonnière, un mouilleur de mines, un bateau vapeur, un navire marchant en bois et un superbe voilier qui fut navire école. Ensuite nous repartons en centre-ville offrir à Joëlle un nouveau téléphone, le sien ayant plus ou moins rendu l’âme, Esteban ferait bien pareil… mais le sien étant encore sous garantie, nous allons d’abord essayer de la faire marcher bien qu’il ait été acheté en Chine. Afin, nous allons avitailler dans un grand super-marcher où nous nous essayons aux habitudes alimentaires Finlandaise : les tartes au riz n’ayant remporté aucun succès nous essayons du fromage à fondre, des pâtes à tartiner…

Jeudi 18 août

Nous partons en bus pour Rauma, petite ville au nord de Turku, où un quartier de 600 maisons en bois a été entièrement préservé depuis le XVIIIème siècle. La météo grise et pluvieuse gâchera un peu la visite et les photos. Nous arpenterons les rues consciencieusement, visiterons les boutiques de décoration d’intérieur, observerons une dentelière à l’œuvre et testerons les pâtisseries locales ainsi que la restauration. Nous irons même jusqu’à la côte pour voir la mer mais le port industriel s’avèrera décevant.

Vendredi 19 août

Après l’indispensable corvée de lessive, nous partons en bus pour Naantali, petite station balnéaire et port, à 15 kilomètres au nord de Turku. Là aussi les maisons en bois dominent et même s’il y a pas mal de monde, le nombre de places disponibles sur les pontons disent bien que la saison est déjà terminée. Nous n’aurions pas aimé nous y retrouver en juillet. Une jolie église médiévale, quelques beaux bateaux à admirer, un bord de mer flanqué de belles maisons en bois multicolores, une grande rue commerçante toujours bordée de maisons en bois et quelques ruelles sympathiques et le tour de ville est bouclé. Nous trouverons à nous restaurer d’un gargantuesque lounas dans un agréable restaurant à la terrasse donnant sur le port. Puis de retour à Turku nous chercherons en vain dans les boutiques d’informatiques un écran 15 ou 17 pouces en 12 volt pour remplacer celui à bord dont le convertisseur nous à lâchement trahi hier. Nous finirons la soirée en avançant les préparatifs d’hivernage du bateau : retrait des ris, rangement du bimini, montée au mât pour retirer la girouette…


Date de création : 26/09/2016 20:01
Catégorie : Récits de voyages -
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